Et pour commencer : une
singulière incohérence….
Entre le dossier du maître
d’ouvrage et le site de la CNDP
Voulue ?
Curieusement l’objectif du débat public n’est pas formulé de la même
façon dans le dossier du maître d’ouvrage (ministère, région, RTE) (page
internet : https://eolbretsud.debatpublic.fr/wp-content/uploads/DMO-projet-eoliennes-flottantes-sud-bretagne.pdf
) et sur le site de la CNDP (page
internet : https://eolbretsud.debatpublic.fr)
LE
DOSSIER « MINISTÈRE RÉGION ENEDIS », MAÎTRES D’OUVRAGE
Le « Document socle » du dossier présente longuement
l’ensemble du projet
*Page 9
on lit
« Le public est ainsi invité à
s’exprimer sur plusieurs points :
1 au sein de la zone d’étude en mer présentée, quelle
zone préférentielle d’environ 600 km2 serait la
plus favorable à l’accueil des deux parcs d’éoliennes
flottantes ?
2 au sein de cette zone préférentielle
de 600km2 :
·
quelle serait
la zone de 200 km2 environ destinée au parc éolien flottant de 250 MW qui sera attribué
en 2021 à
un développeur éolien ?
·
quelle
serait la zone de 400 km2 environ destinée au développement d’un second parc éolien
flottant d’une puissance pouvant aller jusqu’à 500
MW, dont la réalisation serait attribuée à
un développeur éolien à
partir de 2024 ?
3 quel
corridor associé à la zone préférentielle de 600
km2 serait à étudier pour le raccordement au réseau
de transport électrique, afin d’engager ultérieurement la concertation dite « Fontaine » sur cette
base ? »
*Le calendrier page 10 mentionne en exact accord avec ce qui précède
En. 2020
1 Débat public
2 Compte-rendu
3 Décision du ministre sur la zone d’étude du projet
L’objet du débat est sans ambiguïté : nous comprenons que
le but n’est pas de dire : « on est pour ou contre les
éoliennes » mais de participer au choix du lieu d’implantation d’un projet
DÉCIDÉ.
La représentante de France Nature Environnement dans un article
de « belleileendiagonales » le
confirme clairement.
Les premiers commentaires divers sur le site de la CNDP et sur les pages
Facebook de Belle-Ile montrent que chacun a compris
parfaitement et apprécie souvent très modérément le rôle infinitésimal de
ce (Grand !) débat public. Nous avions bien dit que le but des
réunions, ateliers et communications diverses était d’« expliquer au bon peuple à quelle sauce il allait être
mangé ».
Et foin des contradicteurs et des opposants aux arguments politiquement
incorrects ! La « Charte
de modération » permettra de leur mettre un joli sparadrap sur la
bouche …… ce sera très « tendance.
LE SITE INTERNET DE
LA COMMISSION NATIONALE DU DÉBAT PUBLIC
Maintenant voyons ce qui est mentionné depuis peu (selon nos
souvenirs) sur le site de la CNDP :
Le débat portera sur l’ensemble des aspects du projet, et en particulier :
Le projet doit-il se
faire ?
Dans l’affirmative,
quels sont les enjeux à prendre en compte, et comment les intégrer dans les cahiers des charges
des futurs appels d’offres ?
Où placer les deux
tranches d’éoliennes prévues et leur raccordement au littoral et au réseau
électrique terrestre ? La définition d’une zone de 600 km2 au sein de zone
d’études définie par l’État fait partie des objectifs du débat.
Sont ensuite énumérés les thèmes de débat :
« L’insertion de l’éolien en mer dans la transition énergétique. L’économie de l’électricité éolienne. Filières économiques, Emploi et formation,
Retours d’expériences de l’étranger, Usages de la mer, Emprises terrestres et
impacts agricoles » : ce sont en fait des
informations thématiques destinées à éclairer la population
Seul le thème « Environnement marin » pose
une série de questions qui pour l’instant n’ont jamais eu la moindre
réponse, la ferme dite « expérimentale » de 3 éoliennes entre
Groix et Belle-Ile n’étant pas réalisée : on
ne dispose d’aucun retour d’expérience sur ces point majeurs : « Quels seront les effets potentiels
de ces projets de centrales éoliennes et de leur raccordement sur la
biodiversité marine (habitats, la flore et la faune benthique, la faune
pélagique : mammifères marins, oiseaux, etc.) et de façon plus générale
sur l’environnement marin ? Comment pourra être traitée la séquence
« évitement, réduction, compensation » ? Peut-on dès à présent
prévoir les impacts cumulés avec d’autres projets ? Le traitement de cette
thématique donnera l’occasion de faire un état des connaissances en la matière
et de proposer des thèmes de recherche ou d’acquisition de données dans
l’hypothèse de la poursuite de ce projet. »
Rappelons que la ferme pilote de trois éoliennes devait en théorie
apporter des réponses à ces questions.
Dans ces conditions pourquoi cette précipitation à lancer le premier des
six projets offshore prévus dans la programmation pluriannuelle de l’énergie
2019-2028, et précisément au sud de la Bretagne avec, il faut le
souligner, un engagement très fort de la Région Bretagne?
NOTRE COMMENTAIRE
La Commission nommée pour organiser et mener le débat
jusqu’à son terme élargit considérablement l’objectif annoncé par le maître
d’œuvre, en posant la question :
« Le projet doit-il se faire ? »
Cette question crée l’illusion que le
peuple a le pouvoir de décider si ces éoliennes existeront ou non.
Cette
nouvelle question serait-elle destinée à préserver une image positive
du débat, à laisser croire au peuple qu’il peut encore infléchir la décision,
et désamorcer ainsi les premières réactions indignées du public ?
Cette
question n’aura pas de réponse car le projet est DÉCIDÉ PAR LE
MINISTÈRE…
Maintenant on nous
demande de choisir un lieu d’implantation, c’est tout.
Et pas librement : des enjeux financiers dépendants de la
situation dans les eaux territoriales ou non pèseront plus lourd auprès des
organismes et collectivités concernés que les suggestions prévisibles (mettre
les éoliennes le plus loin possible) des participants.
Après ?
N’oublions surtout pas qu’il n’y aura plus d’enquête publique à l’issue de ce débat. C’est ce dernier
qui en tient lieu avec la nouvelle loi du 10 août 2018 qui à titre
expérimental, pour trois ans – donc jusqu’au 10 août 2021 - et pour deux régions (Bretagne et Hauts de France)
remplace l’enquête publique par une participation du public par voie
électronique. Faut-il voir une raison de la précipitation évoquée plus
haut ?
Et la phase suivante est
l’appel d’offres sur la base du cahier des charges établi.
Il faut bien conclure que ce
débat public entrepris avec de très gros moyens est bien un pseudo-débat, une
mascarade.